Les êtres humaines

spectacle autour des violences conjugales

Les êtres humaines, spectacle joué de 2011 à 2013 en Saône et Loire, en partenariat avec l’Association Ciné-Ressources 71, traitait de l’intimité et de la complexité de la violence conjugale et intra-familiale. Basé sur des témoignages récoltés lors d’ateliers à médiations organisées au CHRS de l’Ecluse, à Chalon sur Saône, et qui regroupaient différents média, comme la peinture, l’écriture, la musique, le portrait photographique, les êtres humaines a été joué par des comédiennes professionnelles et des femmes anciennement victimes de violence rencontrées lors de ces ateliers.

Extraits : 

«Quand c’est le moment de partir, c’est le moment. Le pire c’est que c’était prévu, on m’appelle le matin, on me dit : “y’a une place, est-ce que vous pouvez venir ?" J’ai dit, ce soir je suis là. J’avais fait en sorte de tout laver, de tout laisser à portée de main, et hop, une fois qu’il partirait au travail, tout dans les sacs poubelles. Les hommes, ils se rendent pas compte des sacs poubelles, ils se méfient pas. Alors j’ai pris les sacs poubelles avec dedans ma boîte à trésors avec les bracelets de la maternité, les cordons ombilicaux et les dents de lait, des photos des enfants parce que je voulais pas lui laisser, le dossier avec tous les papiers administratifs, des habits, des chaussettes et des culottes (les chaussettes des garçons, elles ont toujours des trous), la petite télé qui était dans la chambre de mon fils, avec la télécommande, des parts de pizza et des bouteilles d’eau. Et les enfants avec leur doudou. Et aussi de la peur, l’impression d’être suivie, c’est fou ce que je dis mais c’est vrai.»


«La violence j'arrivais à la repérer. Il est 18h, 18h30, on sent qu'il va exploser, on sait pas encore pourquoi, quelle sera la première remarque, le premier geste violent. Et puis ce jour-là, on sent qu’on est fatiguée, donc on se dit plutôt que d'attendre 21h, qu’on commence à s'endormir ou que ça arrive par surprise, et ben, bizarrement on va provoquer la crise, on va dire une chose, on va faire un truc. Alors on prend ses précautions, on va ranger les projectiles. Comme ça, on sait, une fois que ça aura éclaté, ça va durer une demi-heure, ça va durer une heure, mais au moins, ce sera fait, on pourra aller se coucher. C’est bon, c’est fait, on peut aller se coucher.»


J'avais préparé un sac au cas où il faudrait partir d'urgence, un sac avec des vêtements d'enfants, la photocopie des carnets de santé, 100 francs, des gâteaux et des morceaux de sucre. Parce que le sucre, ça console. Le sucre, ça a toujours été mon allié. Donc je le laissai hurler, casser ce qu'il voulait et moi j'avais un morceau de sucre dans la bouche. Il faut pas prendre un morceau entier parce que ça fait mâcher et du coup il peut avoir l'impression que je suis en train de parler dans son dos. Il faut prendre la moitié d'un sucre, comme ça, ça se voit pas. Et pendant qu'il hurle et casse des choses, je me concentre sur le morceau de sucre qui fond dans ma bouche.»


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