dans mon enfance

D’avril à juillet 2020, ont eu lieu à Charolles en partenariat avec l’Association le Pont et son antenne de Paray le Monial et l’Udaf du Charollais-Brionnais une série d’ateliers d’écriture et de compositions de chansons sur les thèmes des souvenirs d’enfance à transmettre, des liens à ses parents, à ses grands-parents, et sur tout ce qu’on retient de son enfance quand on a quitté son pays d’origine et qu’on y a laissé sa famille.

Une restitution publique a eu lieu le 1er juillet à Charolles.

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chansons de l'atelier

Au plus profond de mon enfance (par Caroline)

texte: Caroline Maillet, chant: Valérie Gaudissart, musique: Morton Potash

Au plus profond de mon enfance
Vous avez marqué mes souvenirs
De ces moments où l’insouciance
Ne vous voyait pas vieillir

Puis un jour quand tout s’arrête
On se rend compte qu’vous étiez là
Qu’on a raté de vous connaître
De n’avoir pu, de n’avoir pas
Su comprendre la solitude
Qui vous ronge jour après jour
Tandis que dans nos habitudes
On vous oublie sur le parcours...

Lule Bore (par Shpresa)

chant: Valérie Gaudissart

Ma grand-mère, c’était des câlins tous les soirs
Et les soirées sur ses genoux
Et ma tête sur son sein
Elle me racontait des histoires un peu tristes
Mais elle m’a appris à apprécier les petites choses de la vie:
Le soleil qui brille
La pluie qui tombe
Les fleurs qui poussent
La Terre qui nous protège
Elle m’a appris à donner de l’amour maintenant
Dans le présent
Car elle disait que demain, c’est trop loin

Sortir de la cage (par Jaida)

Sortir de la cage
Trouver la clé
Changer de pays
Pour respirer
Pouvoir m’exprimer
Pouvoir dire non
Arrêter de subir
Et m’échapper !

Il y a des choses qui ne s’expriment pas. C’est dedans.
Une femme, elle a besoin de tendresse
Elle a besoin de mercis
Comment changer les nouvelles générations ?
Comment enlever les points d’interrogation ?
Changer de pays pour respirer
Et plus personne sur le dos pour me dire ce que j’ai à faire
Je veux que mes filles soient libres
Qu’elles choisissent leur vie
Et surtout leur mari

Nourredine (par Bachir)

chant: Valérie Gaudissart & Morton Potash, musique: Morton Potash

Nourredine tu étais mon frère ainé
Le tout premier
Sept frères et quatre soeurs se sont succédés
Nourredine tu étais trop gentil
Tu avais le coeur sur la main
C'est avec toi que j'ai appris à travailler
Un jour un voisin est passé
T'a demandé un coup de main
Et tu es allé réparer l'électricité
C'était quatr' heures de l'après-midi
Tu m'as dit « restes là, j'en ai pour dix minutes »
Et je t'ai entendu crier Nourredine
Nourredine
Depuis ce jour ton cri résonne dans ma tête, Nourredine
Nourredine
Et je sens l'électricité passer
Dans ton corps Nourredine
Notre père s'est mis à trembler
Au son de ta voix
Et depuis il a tremblé comme ça
Jusqu'au jour de sa mort
Nourredine, trois cent quatre-vingt volts, Nourredine
Trois cent quatre-vingt volts, Nourredine

mon père voulait un fils (par Jaida)

Mon père voulait un fils et quand le sien est parti
Je suis devenue son fils
J'allais travailler avec lui
Moi sa fille je suis devenue son fils
Il m'a appris à poser de la faïence marocaine
À faire des dalles de sol, du ciment, du béton
Wo-oh, wo-oh, wo-oh
J'étais un vrai maçon
Même mon oncle un jour ne m'a pas reconnue
Moi sa nièce en jeans déchiré et casquette plein' d'peinture
Wo-oh, wo-oh, wo-oh
Il a dit c'est qui ce garçon qui t'aide à la peinture?
Mais j'étais pas un garçon car si j'étais été un garçon
Ma vie aurait pris une autre direction
Les filles valent autant que les garçons
Les filles valent autant que les garçons
Je suis fille et je vaux autant qu'un garçon

presse

Elles parlent à cœur ouvert, de leur vie, de leurs souffrances, de leurs espoirs… Dans des textes chantés ou slamés, ce jeudi après-midi dans la cour du centre de loisirs du Grand Charolais à Charolles.

Leurs témoignages sont poignants, bouleversants même. Jahida, 45 ans, et Shpresa, 37 ans, ont choisi de quitter leur pays respectif, l’Algérie pour l’une, l’Albanie pour l’autre, il y a deux ans et demi environ. « Je ne veux pas que mes enfants subissent la même chose que moi »

« J’ai fait ce choix pour l’avenir de mes enfants, raconte dans un français tout à fait maîtrisé Jahida, maman d’un garçon de 8 ans et de deux filles de 5 et 2 ans. Je suis venue en France pour soigner mon bébé (la cadette). Et, j’ai décidé de ne pas retourner au pays. Là-bas, on n’est pas libre », confie-t-elle. Jahida a travaillé 23 ans comme coiffeuse, « sans assurance » ...

par Cécile Bouretal-Constant
● article de presse dans le JSL




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