Je t’ai rêvé

Mères et aidantes

À la demande de l’Association des Paralysés de France (Saint Rémy), Rêver Tout Haut a conçu un atelier créatif de 6 séances, d’octobre 2020 à juillet 2021, destinées à des mères d’enfants porteurs de handicap moteur. Collage, photographies, écriture, chansons ont permis d’aller explorer les liens si particuliers et si complexes entre les mères et leur enfant «différent», d’interroger la place du père, l’inscription dans la lignée familiale, le rôle d’aidante de son propre enfant, la gestion sentimentale de la fratrie.

«Je t’ai rêvé» a permis aussi d’aller explorer le temps et le cheminement pour accepter le handicap de son enfant.

Cet atelier était conçu aussi comme un temps de répit et temps d’imaginaire pour ces mères à l’emploi du temps et aux responsabilités très chargés.

chansons de l'atelier

longtemps je t'ai rêvé

© Morton Potash, chant: Valérie Gaudissart

Pourquoi moi ? Je n’sais pas.
C’est la vie, c’est comme ça.
Longtemps, je t’ai rêvé :
grand, beau, droit sur tes pieds.
Mais le rêve n’est pas la réalité.
J’en ai voulu à la terre entière
et à moi la première.
Finalement j’ai accepté
et je vois que tu te bats.
Je ne vais pas baisser les bras, c’est la vie, c’est comme ça.
Longtemps, je t’ai rêvé :
grand, beau, droit sur tes pieds
Mais le rêve n’est pas la réalité.
Oui, tu es différent, mais tu es mon enfant,
et je suis fière d’être ta maman,
d’être ta maman.

mon mini-moi

© Morton Potash, chant: Valérie Gaudissart

Tu es mon oxygène, mon tout, mon mini-moi.
Je serai toujours là pour toi, pour toi !
Je serai toujours là pour toi.

J’ai la sensation d’être en apnée. Je ne sais pas comment remonter. Je ne sais pas comment respirer. C’est seulement aujourd’hui que je me rends compte que le mot «handicap» va faire partie de ma vie. Avant, j’étais dans le déni.

refrain

Tu es là pour me guider, me changer. Tu m’as ouvert au monde, à tous les impossibles. Et tu m’as fait grandir. Est-ce que je serai capable de te rendre tout ce que tu m’as donné ?

refrain

Des mots en boucle dans ma tête: "coupable, incapable, infréquentable, non-semblable, seule, très seule, pas le droit au bonheur". Alors qu’il y a de l’amour. Il y a des rires. Il y a des sourires. Il y a de l’espoir. Il y a de la fierté dans notre cocon.

refrain

un jour tu m'as demandé

© Morton Potash, chant: Valérie Gaudissart

Mon cher Choun :

Un jour tu m’as demandé
Pourquoi tu n’aimes plus papa ? Pourquoi est–ce qu’il n’habite plus avec moi ? Pourquoi ?

Que répondre à cela ? Dire que ce sont les grands qui font des choix qui parfois ne vous vont pas ?
Ma chère Crevette :

Un jour tu m’as demandé
Pourquoi c’est lui qui est mort et pas moi ?
Pourquoi ?

Que répondre à cela ? Dire que c'est la vie qui fait des choix ? Dire que c'est pour ça que tu es là ?
Mon cher Asticot :

Tu ne m’as jamais rien demandé
À toi tout te va, tout te va.

Tu t'es toujours adapté à ce qui vient. Mais ne souffres-tu pas de tous ces va et vient quotidiens ? Ce n'est pas toi qui le diras.

Et moi je suis fière de vous trois.
La souffrance ne nous gagnera pas.

Nos huit bras nous portent et nous soutiennent. Nos huit bras nous enlaçent. Nos huit bras mènent le combat. Pour que ne reste que la joie. Ou presque...

quel sera ton avenir ?

© Morton Potash, chant: Valérie Gaudissart

Quel sera ton avenir, ta joie de vivre, ton caractère de feu ?
Trouv’ras–tu quelqu’un qui saura t’accompagner, être là pour t’aimer ?
Continueras-tu de te battre et d’avancer,
de progresser, être là pour aimer  ?
Que sera notr’ avenir à nous, ton frère, tes parents ?
Saurons nous continuer à soutenir ta joie de vivre, ton caractère de feu ?
Être là pour t’aimer
Être là pour s’aimer
Être là pour s’aimer

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